Le coureurà pied se trouve soumis à un choix
cornélien. S'entraîner pour progresser, oui. Mais sans casser trop de globules rouges. Ce qui serait synonyme de régression. L'anémie constitue le stade tardif de ce déséquilibre.
Grâce à une surveillance biologique plus pointue, ce genre de situation grave concerne de moins en moins d'athlètes. En revanche, il n'est pas rare d'entrer dans une sorte de cercle vicieux où l'on
grignote petit à petit ses réserves, séance après séance, sans que cela n'apparaisse encore à travers les dosages habituels du taux d'hémoglobine ou de l'hématocrite.
C'est là qu'intervient un paramètre très utile: la mesure de l'haptolobine. Cette proteine, fabriquée par les cellules du foie, possède la capacité de fixer
l'hémoglobine libre, celle qui est libérée à la suite de la destruction des globules rouges. Grâce à cette intervention, on évite à la fois la perte du fer et les altérations que provoquerait
inévitablement la présence d'hémoglobine dans les fines tubulures rénales.
Dans le bilan biologique, on mesure alors le taux d'haptoglobine libre. En cas de destruction massive des globules rouges (un processus appelé hémolyse), l'haptoglobine présente fixe l'hémoglobine
qui a été libérée. Et donc on observe une chute de la fraction d'haptoglobine libre. Plus l'hémolyse est importante, plus le taux d'haptoglobine s'effondrera. Il s'agit donc d'un témoin précoce
d'un déséquilibre entre destruction et reconstruction. Un taux d'hémoglobine normal ou d'un hématocrite stable, prédit déjà une baisse prochaine des aptitudes aérobies et donc du niveau de
performance.
On comprend mieux l'intérêt des sportifs à son égard.
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